Escapade à Carcassonne, forteresse médiévale en Pays Cathare

Un poète devrait bien composer une "ode à l'Aude" tant ce département regroupant 5 "pays" possède des trésors en tous genres : architecturaux, environnementaux, historiques, gastronomiques, viticoles, bref "touristiques" au sens large. Pour qui, disposant de peu de temps, souhaite avoir une première approche des ressources multiples du "Pays Cathare", un séjour à Carcassonne est incontournable. Deux options : séjourner entre les remparts de la citadelle ou opter pour un séjour "hors les murs".  La première offre une plongée dans le monde médiéval; la seconde permet de s'affranchir des contraintes d'une unique porte d'accès (pour les voitures) et des rues étroites de la vieille cité. Dans les deux cas,  le visiteur pourra trouver sur place centres d'intérêt, gîte et couvert en des lieux agréables et à des conditions décentes. Invitation à la découverte.

 

Les lices, entre les deux enceintes, côté sud

Reportage  (texte et photos) : Guy Riboreau ©

Petit retour en arrière

Les Ibères ont occupé ces lieux vers le Vème siècle avant notre ère. Gallo-romains Wisigoths (Vème s.) et Arabes (VIIIème s.) les ont suivis, aménageant les bords de l'Aude et construisant la ville basse qui s'est développée à l'intérieur de ses remparts élevés aux II et IV siècles après J.C. pour la protéger. Les faubourgs s'agrandissent car la cité est prospère : la terre est fertile, la vallée de l'Aude est un axe important pour les échanges commerciaux Toulouse-Méditerranée. Si bien que Carcassonne obtient le statut de Comté indépendant sur lequel les Seigneurs de Trencavel  (Tranche bien, en occitan) vont régner sans partage.

 

 

 

De Nîmes à Carcassonne, les Trencavel seront de puissants et d'ombrageux seigneurs, participants aux Croisades, faisant ériger au XIIème siècle le Château Comtal de Carcassonne et transformant la colline qui surplombe l'Aude en imposante forteresse militaire. 

Les Trencavel joueront un rôle considèrable dans la Croisade contre les Albigeois en s'opposant à  Simon de Monfort qui en était  le responsable temporel. Cela leur vaudra ainsi qu'à leurs partisans une répression féroce de la part de ce dernier qui prendra Carcassonne et toutes les terres des Trencavel. Le cruel Simon de Montfort aura mené une guerre sans merci contre les populations "hérétiques" de la région et la seule évocation de ses atrocités a de quoi faire frémir...

 


 

 

Les Cathares

Le catharisme s'est inspiré d'un mouvement né en Bulgarie au milieu du Xème siècle sous le nom de "bogomiles". Vers l'an mil, il s'est développé un peu partout en Allemagne, en Champagne, en Flandre et en Bourgogne puis dans le Midi de la France en adoptant ce nom, les "cathares", du grec "catharos" (pur).

Le Cathare veut devenir un être parfait, prônant le détachement des biens de ce monde, vivant une vie monacale, s'interdisant la consommation de chair animale autre que celle du poisson, rejetant tout rapport sexuel, vivant en communautés de travailleurs solidaires. 

Cette religion est apparue comme une réaction de rejet devant  l'attitude du clergé de Rome, plus attaché aux biens de ce monde qu'à respecter les Evangiles...Si le Catharisme n'avait pas de clergé, les "Parfaits" ou les "Purs", ceux qui avaient reçu le "consolament" (baptême cathare) et qui vivaient comme des moines, étaient ceux que la foule des fidèles devaient imiter.  Ceux auxquels, le jour de sa mort  venu, le croyant demanderait le "Consolament des mourants" pour permettre à son âme de se rincarner dans un corps parfait.

En un temps où les hérésies se multipliaient, l'Eglise de Rome ne pouvait évidemment tolérer bien longtempts une telle dérive par rapport au dogme. Le mouvement cathare s'étant bien implanté depuis Albi jusqu'à Toulouse, les seigneurs locaux soutenant le mouvement  pour ne pas perdre leurs vassaux et leurs avantages, le Pape Innocent III réunit un Concile, celui de Latran, en 1215, au cours duquel il sera décidé du caractère hérétique du Catharisme, justifiant l'organisation d'une croisade contre ces "albigeois" opposés à Rome.

C'est à Simon de Montfort, également seigneur d'Epernon, qu'est confiée la croisade. Bon chrétien sans doute selon les critères de l'époque mais guerrier impitoyable, Simon de Montfort, vaincra l'un après l'autre les seigneurs occitans avant de périr le 25 juin 1218 sous les remparts de Toulouse, la tête fracassée par un bloc de pierre lancé par un groupe de femmes...


 

La Cité

 

La ville a perdu son statut de forteresse après la signature du Traité des Pyrénées en 1659 quand la frontière avec l'Espagne a été fixée plus au sud, à son emplacement actuel. La Cité aurait pu tomber en ruine si les responsables de la ville n'avaient pas décidé  en 1849 de la sauver en confiant sa restauration à  Eugène Viollet-le-Duc.  Du coup, elle a gardé sa double enceinte de remparts, ses tours, ses maisons anciennes et c'est un vrai bonheur que de la parcourir hiver comme été, de jour comme de nuit...

 

 

 

Si Viollet-le-Duc, Prosper Mérimée et une poignée d'Audois n'avaient pas pris la défense de la vieille cité, nul doute qu'elle ne serait pas devenue le pôle touristique incomparable qu'elle est devenue aujourd'hui. Il faut prendre le temps de parcourir les lices, de flaner dans les ruelles après être passé sour l'imposante Porte de Narbonne qui, pour les voitures, fonctionne en sens alterné, étroitesse des accès oblige...

 

 

Il faut monter la rue Cros Mayrevieille, du nom de ce confrère audois qui s'est battu pour que soit restaurée la Cité et son église.  Montée qui permet d'admirer les façades anciennes et de faire la rencontre de ce mannequin qui rappelle les sombres heures de l'Inquisition installée non loin de là...

 

 

 

Place du Château la nuit

 

Le château est typique des forteresses médiévales : cerné de tours reliées par les galeries de hourds en bois qui permettaient de riposter aux attaques extérieures sans trop exposer les défenseurs du château aux flêches ennemies...

 

Entrée du Château comtal (XIIè s., le pont est du XIIIè s)

Le rez-de-chaussée du château abrite un musée lapidaire.

 

 

La rue Saint Louis (à droite) et les bâtiments de l'Hôtel de la Cité (à gauche)

 

 

Vinothèque

 

 

La Basilique Saint Nazaire et Saint Celse

L'histoire ne dit pas si les abbés de la basilique venaient ici  (photo ci-dessus) s'approvisionner en vin de messe mais le lieu est à quelques pas de l'église Saint Nazaire et Saint Celse construite au XII ème s. en style roman (nef) mais dotée au siècle suivant d'un transept gothique d'une grande élégance. Les vitraux du choeur narrent la vie des 2 saints auxquels l'église est consacrée. Ceux des 2 chapelles latérales  (Arbre de Jessé à gauche, Arbre de vie à droite du choeur) et les rosaces sont de toute beauté.

 

Basilique Saint Nazaire, les vitraux du choeur (XIIIè et XIXè s.)

 

 

 
    Rosace nord                   Transept                       Rosace sud

 début du XIVème s.

 

  

                             L'Arbre de Jessé                                     L'Arbre de Vie

Fin du XIIIè/début du XIVè s.     -    Début du XIVè s, restauré en 1853

 

 

Légende ou réalité ? Cette pierre (transept sud) avant d'être sculptée pour conter un siège (celui de Toulouse ?) serait celle projetée à Toulouse sur la tête de Simon de Montfort par un groupe de femmes, tuant d'un coup le cruel pourfendeur d'hérétiques

 

L'orgue. Son ébénisterie centrale date du XVIIè s. Il a été agrandi au XVIIIè et complétement restauré de 1982 à 1985.

Un festival d'orgue a lieu chaque été (Les "Estivales de l'orgue")

 

 

Sortant de la basilique, on pourra se rendre par la rue d'Aude à la Porte d'Aude où un Musée de la Chevalerie intéressera petits et grands : casques, armures, armes en tous genres dont des arcs d'Océanie.

Autre centre d'intérêt, du moins pour les nostalgiques de l'école de Jules Ferry : le Musée de l'Ecole. Proche de la Basilique, installé dans une ancienne école de garçons, il nous restitue l'atmosphère des salles de classe des 19 et 20ème siècles.

Descendant de la Cité médiévale, le visiteur ira dans la ville basse, flâner dans la Bastide, admirer le Vieux pont sur l'Aude, il marquera une pause sur la belle place Carnot avant de visiter la cathédrale Saint Michel (XIIIè et XIVè s.), elle aussi restaurée par Viollet-le-Duc ou de se rendre au port pour une promenade en bateau sur le Canal du Midi...

 

 

 


 

 

Où se loger et où se restaurer dans la Cité ?

 

  

L'hôtel du Donjon*** (57 chambres et 6 suites, jardin) et sa brasserie

 

 

 

Hôtel du Donjon ***(Best Western),  2 rue Comte Roger,  Cité Médiévale, 11000 Carcassonne

T.  04 68 11 23 00

Site : www.hotel-donjon.fr

 

 

 

 

L'Hôtel de la Cité***** (Groupe Orient Express) et ses 3 restaurants : La Barbacane (*Michelin), Le Jardin de l'évêque (terrasse), Chez Saskia (Brasserie)

Place Auguste-Pierre Pont, 11000 Carcassonne


Tel: +33 4 68 71 98 71 Fax: +33 4 68 71 50 15

Site : www.hoteldelacite.fr

 

Le Domaine d'Auriac**** Relais et Châteaux, hors les murs de la Cité mais très proche, une superbe bâtisse entourée de 3 maisons surplombant le golf.  Grand parc, piscine. Deux restaurants : le Bernard Rigaudis et le Bistro d'Auriac

Route de Saint-Hilaire BP554 - 11009 Carcassonne Cedex -

Tel :04 68 25 72 22 Bistrot d'Auriac : 04 68 25 37 19

Site : www.domaine-d-auriac.com
 

 

Restaurant Comte Roger, une des très bonnes tables de Carcassonne (avec La Barbacane et le Domaine d'Auriac), rue Saint Louis

04 68 11 93 40

Site : www.comteroger.comwww.comteroger.com

 

 

Ailleurs dans la ville basse

 Hôtels

Hôtel du Château *** (Groupe Hôtels Charme et Design Carcassonne), au pied des remparts et de la porte Narbonnaise, dans la verdure, avec piscine, 2 rue Camille Saint-Saëns

Tél. : 04 68 11 38 38

Site : www.hotelduchateau.net

Même groupe, dans l'enceinte de l'hôtel du Château :

Hôtel Montmorency **, 2 rue Camille Saint-Saëns,

T. 04 68 11 96 70

Site : www.lemontmorency.com

Même groupe, décoration design :

 Hôtel de L'Octroi**

106 avenue du Général Leclerc

Tél. :04 68 25 29 08 ou 38 71

 Site : www.hotel-octroi.fr

 

Hôtel Les Oliviers **

164 avenue du Général Leclerc

 Tél. : 04 68 26 45 69

 

A 3 km de Carcassonne :

Château Saint Martin

Tél.: Hostellerie 04 68 47 44 41 Restaurant 04 68 71 09 53

 Site : www.chateausaintmartin.net

 

Chambres d'hôtes :

 

La Maison Costes

40 rue Coste-Reboulh, (Centre ville)

Tél. :04 68 77 12 15

 Aux Anges Gardiens (proche du Canal du Midi, piscine)

2 Rue du Barry, hameau de Villalbe - Carcassonne

Tél. 04 68 47 14 03 - 06 64 90 70 13

Domaine Saint Louis

Chemin de Tourlouby Maquens 11090 Carcassonne

Tél. : 04 68 47 52 46 - 06 13 18 14 04


 

 Restaurants

Outre ceux des hôtels mentionnés plus haut et toute une liste que vous trouverez sur les sites spécialisés avec les avis de leur clientèle :

Le Trivalou 69, rue Trivalle (au pied de la Cité), sympathique, très bon rapport qualité/prix

Tél : 04 68 71 23 11

Le Jardin en ville, une ancienne ferme maraichère, 5 rue des Framboisiers

Téléphone : 04 68 47 80 91


 

Basé à Carcassonne ou dans ses environs immédiats, le visiteur aura la possibilité de découvrir tous les attraits de l'Aude et de ses 5 "pays" (Le Carcassonnais, le Corbières-Minervois, le Lauragais, la Narbonnaise et la Haute Vallée de l'Aude).  Il n' y a pas que les plages de Port-la-Nouvelle ou de Leucate, qu'on se le dise !.  Les abbayes (dont celles de Fontfroide)  sont fort nombreuses, de même lque les ruines des Châteaux du Pays Cathare que les troupes de Simon de Montfort ont détruits systématiquement mais qui se situent dans de somptueux paysages.

 

Côté vins et gastronomie, le gourmet trouvera dans l'Aude des produits et services estampillés "Pays Cathare", une marque déposée attestant de leur qualité. Lire le reportage sur la Truffe du Pays Cathare.

 

Sachez que l'Aude compte depuis 2010 un restaurant triplement étoilé au Guide Michelin : L'Auberge du Vieux Puits, de Gilles Goujon à Fontjoncouse, un petit village de moins de 200 habitants....

 

Les AOC audoises se déclinent en Corbières, Limoux, Malepère, Minervois, Cabardès, Coteaux du Languedoc, etc. qui ont fait d'énormes progrès et s'exportent désormais dans le monde entier. On trouve ici des vins chaleureux, bien élevés, vins tranquilles ou à bulles (la célèbre Blanquette de Limoux), dont la diversité permet d'accompagner tous les plats de la terre !

  

                             


 

 

Pour en savoir plus

  • sur Carcassonne et sa Cité médiévale, voir les sites suivants :

le site du Ministère de la Culture pour une visite virtuelle de la ville,

le site de l'Office de Tourisme toutes les informations historiques et pratiques (plan, hôtels, restaurants, etc.),

  • sur l'Aude en général

le site du Comité Départemental du Tourisme

le site du Conseil Général de l'Aude

  • sur les vins audois et les accords mets-vins, ce site du Club Table et vins réunissant restaurateurs et vignerons soucieux de maintenir un haut niveau de qualité : http://www.clubtableetvin.com

 

 

 

Créé le : 21/01/2011 - Mise à jour : 19/03/2011
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