Huit maîtres de l'Ukiyo-e à la Maison de la Culture du Japon

A l'origine de cette rare exposition, il y a l'amour fou d'un diplomate pour l'art asiatique. Elle le ruina. Ambassadeur de Grèce à Vienne, Gregorio Manos quitte, en 1910, l'empire austro-hongrois pour s'installer à Paris. Lui qui n'a jamais voyagé en Orient est l'un des amateurs les plus éclairés de l'art japonais. Dans la capitale française où le japonisme fait rage depuis plusieurs décennies (voir l'étonnante collection d'estampes de Claude Monet), il a réuni une large sélection d'ukiyo-e ou « images du monde flottant».

 

 

Torii Kiyonaga

© Museum of Asian Arts Corfu, Greece,

photography by New Color Photographic Printing Co, Ltd


 Les exceptionnelles gravures sur bois montrées par la Maison de la Culture du Japon sont toutes des acquisitions parisiennes de l'ambassadeur (l'importation d'estampes, en France, dés les années 1860 croit encore lorsque le Japon ouvre ses frontières, après 1868). A la fin de sa vie, Gregorio Manos fera don à l'état grec de ses trésors : 9500 objets dont plus de 7.000 en provenance du Japon. En contrepartie devait s'ouvrir, à Corfou, en 1928, un musée national d'art asiatique. Essentiellement polychromes, les 150 œuvres des huit plus grands maîtres de l'estampe, réalisées aux 18ème et 19ème siècles, ont été prêtées par le musée de Corfou.

Né à Edo et peu prisé, alors, par les élites parce que considéré comme «léger», l'ukiyo-e reflète une passion certaine pour la scène, les lieux de plaisir, les geishas, l'érotisme mais aussi les rapports avec la nature. Fameux pour ses estampes parodiques et ses luxueux calendriers, Suzuki Harunobu, disparu en 1770, joue un rôle majeur dans la mise au point, cinq ans plus tôt, de l'impression en plusieurs couleurs.

 

 

Suzuki Harunobu

© Museum of Asian Arts Corfu, Greece,

photography by New Color Photographic Printing Co, Ltd

 

 

Torii Kiyonaga, lui, réalise avec un surprenant réalisme d'innombrables programmes de kabuki et d'illustrations de romans populaires. Tout comme Kitagawa Utamaro dont les héroïnes, toutes en courbes, fascinent.

 

 

Kitagawa Utamaro

 Photography by Ralph Paprzicki, Sainsbury Institute

for the study of Japanese Arts and Cultures

 

Acteur de théâtre nô à ses débuts, Toshusai Sharaku,avec ses visages souvent pathétiques, en gros plan sur fond micacé (des interprètes appartenant à trois troupes différentes qu'il croque jusqu'au printemps 1795), séduit par l'acuité de son regard.

Katsushika Hokusai, l'un des maîtres les plus connus du public et des impressionnistes français, notamment pour ses «Trente six vues du Mont Fuji» connait une exceptionnelle longévité: 70 ans de carrière. Après avoir signé des estampes de luxe et illustré des poèmes, il publie des carnets de croquis (Hokusai Manga) et se consacre à la peinture au pinceau.

 

 

Katsushika Hokusai

Photography by Ralph Paprzicki, Sainsbury Institute

for the study of Japanese Arts and Cultures

 

 

D'Utagawa Toyokuni, on retiendra surtout les portraits de courtisanes.

 

 

© Museum of Asian Arts Corfu, Greece,

photography by New Color Photographic Printing Co, Ltd

 

 

La production d'Utagawa Hiroshige, autre artiste tôt apprécié en France pour ses paysages (Cinquante trois stations du Tokaido) est pléthorique. A partir de 1838, il aborde dans ses gravures, la faune et la flore.

 

 

Utagawa Hiroshige

Photography by Ralph Paprzicki, Sainsbury Institute

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Utagawa Kuniyoshi, enfin, considéré comme l'un des derniers grands maîtres de l'époque Edo (il meurt en 1861) se spécialise dans les portraits de guerriers et de femmes saisies dans leurs activités quotidiennes. Foisonnante, l'exposition apparait, parfois, comme un délice d'initiés. Alors qu'elle met en valeur un art essentiellement populaire, source d'inspiration, aujourd'hui, des meilleurs auteurs de mangas.

 

Utagawa Kuniyoshi

© Museum of Asian Arts Corfu, Greece,                  Photography by Ralph Paprzicki

photography by                                                                     Sainsbury Institute

New Color Photographic Printing Co, Ltd,                    for the study of Japanese

Arts and Cultures


 

 

Marianne Lohse


Jusqu'au 17 décembre 2011
Maison de la Culture du Japon, 101 bis quai Branly 75015 Paris.

Tel : 01 44 37 95 00

www.mcjp.fr

 

Créé le : 16/10/2011 - Mise à jour : 19/10/2011
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