Musée d'Orsay : Renoir et l'amour, et Renoir dessinateur

Au Musée d'Orsay, deux expositions majeures célèbrent Pierre- Auguste Renoir : " Renoir et l'amour " réunit les chefs d'œuvre de sa période impressionniste. " Renoir dessinateur " permet de découvrir une face cachée du maître et son immense travail graphique.

Visite avec Marianne Lohse.

 

 

Quoi de plus dynamisant en ces temps de sinistrose que cette " modernité heureuse " peinte par Renoir entre 1865 et 1885 ? Le maitre de l'impressionnisme a alors entre 24 et 44 ans. Soixante toiles lumineuses dont certaines, tel l'iconique " Déjeuner des canotiers ", n'ont pas été vues à Paris depuis vingt ans, font la part belle aux rencontres entre amis, aux déjeuners d'été, aux parties de canotage à La Grenouillère ou à Chatou, aux bals, aux soirées au théâtre. " On disait déjà au temps de l'artiste que Maupassant voyait tout en noir et Renoir tout en rose ! " souligne le commissaire Paul Perrin directeur de la conservation et des collections au Musée d'Orsay. "  C'est justement une idée reçue, celle d'une peinture sentimentale que nous aimerions casser ! "

 

Autoportrait vers 1875,

Huile sur toile, 39,1 x 31,6 cm

Williamstown, Clark Art Institute, 1955.584

Acquis par Sterling et Francine Clark avant 1955

Image courtesy Clark Art Institute. clarkart.edu

 

Rien de mièvre chez Renoir. Sa vision est, le plus souvent, festive. Et joyeuse. La civilisation des loisirs se développe. Et le pinceau du jeune Renoir suit ses contemporains partout où ils prennent du bon temps.

 

Bal du moulin de la Galette , 1876

Huile sur toile 131,5 x 176,5 cm

Paris, musée d'Orsay. Legs Gustave Caillebotte, 1896, RF 2739

© photo : Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais

Mathieu Rabeau

 

Quand il s'attaque à ce défi qu'est " Le bal du Moulin de la Galette ", en 1876, il peine à joindre les deux bouts. Mais qui s'en douterait ? Sur la toile gigantesque (1,30 mètre de haut sur 1,70 mètre de large) tourbillonnent dans de merveilleuses vibrations bleues, petits bourgeois, ouvriers endimanchés, grisettes et artistes fauchés. Chaque semaine, à Montmartre, au sommet de la butte, rue Lepic, la guinguette attenant au Moulin de la Galette se transforme en bal populaire. Oubliées la guerre contre la Prusse et les atrocités de la Commune. C'est un dimanche de joie, pour l'éternité.

 

Les Grands Boulevards , 1875

Huile sur toile 52,1 × 63,5 cm

Philadelphie, Philadelphia Museum of Art, The Henry P. McIlhenny

Collection, à la mémoire de Frances P. McIlhenny, 1986-26-29

Image courtesy of the Philadelphia Museum of Art

 

De toile en toile Renoir saisit les moments intimes, une proximité permise par la foule. Sa vision du couple est tout en retenue. " Renoir ne montre jamais la consommation de l'amour mais toujours le moment de l'avant, de la parade, de la galanterie dans la lignée des peintres du XVIIII siècle, Watteau, Fragonard et Boucher dont il est un grand admirateur " ajoute Paul Perrin.

 

La Promenade, 1870

Huile sur toile 81,3 x 64,8 cm

Los Angeles, The J. Paul Getty Museum, 89.PA.41

Image courtesy of the J. Paul Getty Museum

 

 

Voyez dans " La Promenade " le visage détourné, le regard pudique de la jeune fille à qui son compagnon tend la main pour franchir un sentier broussailleux. C'est surtout dans la danse que les corps se rapprochent.

 

 

Danse à la campagne, 1883
Huile sur toile,
180,3 x 90,0 cm
Paris, musée d'Orsay, Achat, 1979 RF 1979 64
© photo : Musée d'Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

 

Dans " Danse à la campagne " la jeune femme au sourire épanoui (Aline Charigot, compagne et future épouse du peintre) s'abandonne dans les bras de son cavalier tandis que " Danse à la ville " met en scène deux élégants valseurs en gants blancs, à l'attitude plus réservée. 

 

 

La Balançoire,1876

Huile sur toile 92,0 x 73,0 cm

Paris, musée d'Orsay, legs Gustave Caillebotte, 1896, RF 2738

© photo : RMN-Grand Palais (Musée d'Orsay)

Patrice Schmidt

 

 

Dans son atelier de la rue Saint -Georges, Renoir fait poser des jeunes femmes, modèles professionnels ou pas. Plusieurs seront ses maitresses. L'écrivain Joris-Karl Huysmans vante sa façon unique de rendre "la fleur de l'épiderme, le velouté des chairs, le nacré de l'œil ".  

Après dix ans de concubinage, il se décide à épouser Aline. Elle lui donnera trois fils : Pierre, Jean, le futur cinéaste et Claude. Les portraits en plusieurs versions qu'il peint de sa progéniture et de celle de ses amis et mécènes. révèlent une rare douceur. 

Vers 1883, Renoir traverse une crise profonde. " J'étais allé au bout de l'impressionnisme confie-t-il. En un mot, j'étais dans une impasse ". Il voyage en Italie, redécouvre les grands maitres de la Renaissance. A son retour, c'est vers le dessin qu'il se tourne.

 

 

 

 

La seconde exposition-événement, " Renoir dessinateur " présente une centaine d'œuvres sur papier  issues du fonds du Musée mais aussi de collections du monde entier.

 

Auguste Rodin, 1914
Sanguine et craie blanche sur papier,55 × 45 cm
Royaume-Uni, collection particulière, par l'intermédiaire de la galerie Daniel Katz
Photo Courtesy Daniel Katz Gallery, London

 

Dessins à la plume, à l'encre, au crayon noir, pastel ou aquarelle : il s'essaie à toutes les techniques. Ses portrais au pastel, les commandes d'illustrations pour des livres tel " L'Assommoir " de Zola ou pour la revue " la Vie moderne " lui assurent des revenus réguliers.

 

Trois baigneuses (étude pour Baigneuses. Essai de peinture décorative), vers 1886
Sanguine et craie noire avec rehauts de craie blanche sur papier marouflé sur toile,108 × 162 cm
Paris, musée d'Orsay, RF 29660
© photo : GrandPalaisRmn (musée d'Orsay) / Michel Urtado

 

Mais c'est avec l'usage de la sanguine qu'éclatent la puissance, la maitrise, la modernité du maitre. Difficile de n'être pas saisi par ces études monumentales de nus, ces corps merveilleusement sensuels comme le fut Picasso qui acheta plusieurs sanguines dont l'inoubliable esquisse " La Coiffure ".

 

Étude pour La Coiffure, 1900-1901
Sanguine et craie blanche sur papier monté sur toile 145,5 × 103 cm
Paris, Musée national Picasso, donation Picasso, 1978. Donation Picasso, 1978.
Collection personnelle Pablo Picasso, inv. MP 2017-54
© photo : GrandPalaisRmn (musée national Picasso-Paris)/ Mathieu Rabeau

 

 

Marianne Lohse

Musée d'Orsay,

Esplanade Valéry- Giscard- d'Estaing. 75007 Paris.

Jusqu'au 19 juillet 2026 " pour " Renoir et l'amour " et jusqu'au 5 juillet 2026
pour " Renoir dessinateur ".

Créé le : 22/03/2026 - Mise à jour : 24/03/2026
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