Cirque & saltimbanques : plusieurs expositions consacrées au cirque à Rouen

Cirque & saltimbanques : c'est sur ce thème, très riche, que plusieurs expositions ont lieu dans la ville de Rouen (Seine-Maritime) et ses alentours. Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 17 avril, au muséum d'Histoire Naturelle, au Musée Industriel de la Corderie Vallois et à la Fabrique des Savoirs jusqu'au 17 mai 2022. Grâce à la collection Borg, le musée des Beaux-Arts de Rouen nous plonge littéralement dans l'univers circassien. L'exposition est tout à fait adaptée à un public familial car elle offre différents niveaux de lecture. La scénographie colorée, les modules à disposition et un parcours de visite sur mesure destiné aux plus jeunes permettent de partager ce moment en famille. Cette exposition est un spectacle qui commence par des affiches annonçant l'arrivée du cirque dans la ville et se poursuit en nous présentant la tradition du cirque équestre, l'architecture des cirques (qu'ils soient en dur ou démontables), la puissance des corps (acrobates, trapézistes, lutteurs), les dompteurs et les animaux et enfin le cirque dans l'art avec plusieurs œuvres modernes. On peut notamment admirer dans cette dernière partie des œuvres de Léger, Zadkine ou encore Dufy.

 

Reportage : Claire Vuillemin

 

  

Anonyme. Les trois frères Fratellini, vers 1930, plâtre polychrome et vernis. Coll. J.Y. et G. Borg.  Photo : Yohann Deslandes

 

Souvenir d'enfance ou fascination pour les saltimbanques, le cirque est à l'honneur dans la ville de Rouen et dans plusieurs communes alentour avec plusieurs expositions grâce à un couple de collectionneurs : Jeanne-Yvonne et Gérard Borg, qui font partager leur passion au public. Dès l'arrivée en gare de Rouen, une grande banderole vous invite à aller... au cirque !

 

 

Une fois arrivé au musée des Beaux-Arts, osez traverser le petit chapiteau qui vous accueille pour une plongée dans l'histoire du cirque moderne, des années 1760 à l'entre-deux guerres.

 

 

 

Photo : Claire Vuillemin

 

 

L'exposition ludique baptisée "Cirque et Saltimbanques, naissance d'un art" établit des correspondances entre l'esthétique circassienne et l'histoire de l'art, mais retrace également l'histoire du cirque. Diederik Bakhuys, commissaire d'exposition, tire profit de l'extraordinaire diversité du fonds de Jeanne-Yvonne et Gérard Borg, deux collectionneurs rouennais, pour offrir une réflexion sur les modes d'expression du cirque, sur la façon dont le cirque s'est inscrit comme un élément incontournable de la culture populaire, mais aussi pour montrer comment les pratiques circassiennes ont évolué au fil du temps. "Le fonds Borg est l'une des plus importantes collections privées sur le thème du cirque, explique DiederikCes passionnés s'intéressent à tout ce qui a trait au cirque, quelles que soient la période et la typologie des objets affiches, jeux d'enfants, programmes de spectacle."

 

 

Une des salles au Musée des Beaux-Arts

photo : Claire Vuillemin

 

 

"En dialogue avec Monsieur et Madame Borg, nous avons sélectionné les pièces les plus pertinentes de leur collection pour traverser toute l'histoire du cirque moderne." On découvre en particulier le rôle de l'écuyer d'Astley au XVIIIe qui va donner à la piste sa forme ronde moderne. "La pratique du cirque équestre qui reste dominante au début du XIXe va conditionner l'architecture des cirques en dur", explique Diederik. Mais l'exposition offre aussi un tour d'horizon des pratiques circassiennes à travers les personnages phares du clown, de l'acrobate ou du dresseur. "Nous avons aussi choisi de faire résonner la collection Borg avec l'art moderne grâce à des œuvres prêtées par des musées partenaires. En effet, nombreux sont les artistes qui ont trouvé au cirque une source d'inspiration tels Dufy, Cocteau, Léger ou encore Bonnard."

 

 

En effet, si les demonstrations de dressage et de voltige à cheval attirent un large public, ce monde fascine aussi les artistes. Pour exemple, le peintre Théodore Géricault (né en 1791 à Rouen, mort en 1824). Passionné de cheval, il fréquente assidûment le Cirque-Olympique des Franconi, ouvert à Paris en 1807. A la fin du siècle, la piste du cirque équestre sera même un sujet récurrent pour les peintres épris de sujets modernes, comme Henri de Toulouse-Lautrec, Georges Seurat ou Pierre Bonnard. 

 

 

Ecuyère au cirque Medrano vers 1920 huile sur bois Coll J.Y. et G. Borg

 

 

L'art des écuyers est à l'origine lié à la noblesse et au métier des armes. Ayant investi le monde du cirque, il s'est féminisé à partir des années 1830. Des écuyères comme Caroline Loyo, Palmyre Anato, Elisa Petzold, Pauline Cuzent ou Blanche Allarty deviennent des célébrités. Il faut distinguer les écuyères  "à panneau" dont les performances et le costume s'inspirent du monde du ballet classique, des écuyères de haute école dont la pratique savante se distingue peu de celle de leurs homologues masculins, sinon qu'elles montent le plus souvent en amazone. 

 

 

 

Une des salles au Musée des Beaux-Arts

photo : Claire Vuillemin

 

 

 

Marionnettes représentant les Frères Fratellini, Anonyme, vers 1925-1930, papier mâché peint et vernis, bois, cartons, textile et ficelle Coll J.Y. et Borg

 

 

 

Fernand Léger, le Cirque Medrano, Centre Pompidou

 

 

En raison de son enracinement dans une tradition élitaire, le cirque équestre attire à la Belle Epoque un public formé pour une bonne part d'aristocrates et de grands bourgeois éduqués à la science du dressage. Le cirque Molier accueille même sur la piste de riches amateurs férus d'équitation (Ernest Molier fonde le premier cirque amateur à Paris en 1880 dans l'hôtel particulier qu'il a lui-même imaginé). Ainsi, le cirque devient souvent un lieu d'interpénétration de plusieurs strates de la société.  

 

Au XVIII et XIX e siècles, les circassiens se produisent principalement dans des lieux fixes. D'abord fermés par des palissades et couverts de simples toiles, ceux-ci sont bientôt construits en dur. Au début du XIXe siècle, leur forme reste calquées sur celle des théâtres. D'ailleurs, rien ne distingue l'aspect du nouveau Cirque-Olympique édifié en 1827, des autres salles de spectacle qui bordent le boulevard du Temple à Paris sinon les statues équestres qui surmontent sa façade.

 

C'est en 1841 que l'architecte français Jacques-Ignace Hittorff (1792-1867) construit le Cirque d'Eté sur les Champs-Elysées et en 1852 le Cirque d'Hiver encore en usage aujourd'hui. La forme polygonale de ces constructions reprend et développe celle de la piste circulaire. L'édifice n'est plus intégré à la ligne des façades mais forme un îlot isolé. Ce modèle sera repris pendant des décennies, notamment  pour le cirque du Boulingrin à Rouen érigé en 1894 et démoli en 1973 ou encore pour le cirque-théâtre d'Elbeuf.

 

    

 

Le cirque dans la ville, Fernand Laval (1886-1966) 1927, Huile sur toile Coll. J.Y. et G. Borg

 

 

Dans la scénographie de l'exposition, l'affiche de cirque occupe une place centrale. "les affiches représentent une part très importante de la collection Borg. On commence l'exposition à la fin du XIXe et au début du XXe, une époque faste pour le cirque. Nous avons souhaité mettre en avant tous les moyens de promotion du cirque : les parades parfois colossales ainsi que les affiches qui placardaient les villes à chaque étape. L'arrivée du cirque en ville est déjà un spectacle en soi" souligne Diederik Bakhuys. Parmi les troupes prestigieuses citées, le nom de Barnum revient régulièrement: "Son cirque jouissait d'une renommée exceptionnelle, connu comme le plus grand du monde. 80 wagons étaient nécessaires pour acheminer le matériel, et c'est aussi à lui que l'on doit l'invention du monumental chapiteau à plusieurs mâts!"

 

 

Cirque impérial à Paris, élévation de la façade principale, par Jacques Ignace Hittorff, Paris, Musée d'Orsay

 

 

Construit en 1852 à l'est de Paris, le Cirque impérial rebaptisé plus tard Cirque d'Hiver est toujours en usage aujourd'hui. Ses couleurs vives signalent un édifice voué aux spectacles; elles sont aussi pour l'architecte Hittorff l'occasion de restituer le fruit de ses recherches sur la polychromie des monuments antiques. Polygone à vingt faces surmonté d'une verrière soutenue par une armature métallique, le Cirque d'Hiver est un modèle dont s'inspireront notamment le cirque de Rouen aujourd'hui démoli ou les cirques d'Elbeuf, d'Amiens ou de Troyes qui ont survécu.

 

 

 

 

A voir aussi au musée des Beaux Arts, une exposition consacrée à l'imprimerie Fiedländer qui fut réputée en son temps pour la publicité du cirque et des troupes acrobatiques ; ainsi que des photographies du cirque américain de l'entre-deux guerres.

 

 Musée des Beaux Arts de Rouen


Tous les jours sauf les mardis
Esplanade Marcel-Duchamp, Rouen
mbarouen.fr

 

 

A deux pas du musée des Beaux Arts, le museum d'Histoire Naturelle met le Japon à l'honneur en exposant des estampes des périodes Edo et Meiji. De quoi nous offrir une vision du cirque bien différente de celle présentée dans le musée voisin.

 

 

Artiste inconnu, spectacle d'acrobaties, estampe, 1881, coll. J.Y. et G. Borg. Photo : Yohann Deslandes    

 

 

Aujourd'hui très prisée, l'estampe japonaise n'était pourtant, en son temps, qu'un flyer que l'on jetait une fois le spectacle passé. Le museum, assurant son rôle de passeur des savoirs et des techniques, nous présente la méthode de réalisation d'une estampe avec des matrices en bois, et confronte les œuvres avec des animaux naturalisés que l'on peut retrouver dans certaines affiches.

 

 

 

Muséum d'histoire naturelle

Tous les jours sauf les lundis
198 rue Beauvoisine, Rouen
museumderouen.fr

 

 

 

Le fascinant musée de la Corderie Vallois (qui met en valeur un superbe patrimoine industriel local), présente quant à lui l'exposition " En habits de lumière " : des costumes, affiches, dessins, maquettes et accessoires qui rappellent l'histoire du cirque, des années 60 à 80.

 

Photo : Claire Vuillemin

 

De Monsieur Loyal aux écuyers en passant par les clowns, acrobates et dresseurs, ce sont tous les acteurs du cirque qui sont mis en avant dans cette exposition.

 

 

coiffe, bottes et bracelets de Jeanette Williams en Cléopâtre. Coll. J.Y. et G. Borg CNCS / photo Pascal François

 

 

Photo : Claire Vuillemin

 

 

Musée industriel de la Corderie Vallois
Tous les jours sauf les lundis matin
185 route de Dieppe, Notre-Dame-de-Bondeville
corderievallois.fr

 

 

La Fabrique des Savoirs d'Elbeuf présente une exceptionnelle collection inédite en France consacrée à un saltimbanque venu de l'ouest : Buffalo Bill. Objets, affiches, photos, costumes, documents retracent l'épopée du célébre Colonel Cody qui vient en France à deux reprises, en 1889 pour l'Exposition Universelle et en 1905 lors d'une tournée européenne d'adieux. L'incroyable spectacle de l'Ouest américain suscite alors un immense intérêt et rencontre un succès sans précédent. Le western moderne est né. Des générations d'enfants joueront " aux cowboys et aux indiens " avec des figurines Starlux, Elastolin, Quiral.

 

Grâce à la collection Borg, le Wild West Show de Buffalo Bill reprend vie. L'exposition retrace en particulier les grandes heures des tournées francaises de 1889 et 1905, montrant affiches, photographies, objets ayant appartenu à Buffalo Bill, aux Indiens, cowboys, et à l'orchestre, ainsi que de nombreux documents d'archives. Un diaporama commenté réunissant 40 plaques photographiques de verre commandées par Cody à un photographe parisien montre les coulisses et les acteurs du spectacle devant la galerie des Machines au Champ-de-Mars en juin 1905.

 

 

 

 

 

William Frederick Cody est né en 1846. Il gagne son pseudonyme de " Buffalo Bill " en tuant chaque jour dans les plaines de l'Ouest une douzaine de bisons pour nourrir les ouvriers du Kansas Pacific Railroad.

Sa légende naît sous la plume de Ned Buntline qui le persuade de quitter l'armée - où il occupe le poste d'éclaireur du général Sheridan au 5e régiment de cavalerie - pour une carrière théâtrale. Cody fait ses premiers pas sur scène, débutant à Chicago en juin 1873 avec Les éclaireurs de la prairie.

Prenant alors conscience de l'attrait du public pour l'Ouest sauvage, il décide de regrouper une troupe d'Indiens et de cowboys.

 

 

 

 

William Cody  était un chasseur de bisons qui créa entre 1882 et 1912 le " Buffalo Bill's Wild West Show ". Ce spectacle eut un succès retentissant et se produisit aux quatre coins du monde. La venue d'un spectacle de Buffalo Bill était à chaque fois un événement : le campement était énorme et d'impressionnantes affiches annonçaient l'arrivée du show.

 

 La Fabrique des Savoirs
Tous les jours sauf les lundis

7 cours Gambetta
Elbeuf-sur-Seine
lafabriquedessavoirs.fr


Tél. : 02 32 96 30 40 - 

 

photo : Claire Vuillemin

 

 

Mes tickets d'entrée aux musées : c'est gratuit pour tout le monde!

 

Aller à Rouen

 

De Paris, trains fréquents direct de la gare St Lazare ou Flixbus Paris/Rouen/Paris 

 

Dormir à Rouen :

Hôtel Best Western Flaubert www.hotelgustaveflaubert.com

Hôtel Le vieux carré 34 rue Ganterie www.hotel-vieux-carre.com (12 ch.)

 

Restaurants :

 

Gill le bistrot www.gill-cote-bistro.fr 14 Place du vieux marché

Le café Hamlet, 186 rue Martainville www.cafe-hamlet.fr

www.aitresaintmaclou.fr/residents/cafe-hamlet

Restaurant (indien) Shalimar : 19 rue de la chaîne

 

 

Se faire plaisir :

 

Dame Cakes, 70 rue St Romain  www.damecakes.fr

patisserie Jullien www.jullien-patisserie.fr

6 rue Ecuyère et 79 ter rue Verte

 

Cacaotier Hubert Masse 116 rue Gros Horloge

www.lecacaotier.com/chocolatier-rouen

 

A noter :

Du 3 mars au 10 avril 2022, le festival SPRING, premier festival de cirque contemporain présente une programmation riche et variée autour des nouvelles formes de cirque dans la Métropole de Rouen. Les spectacles donnés dans les équipements culturels, mais aussi dans des salles communales ou tout simplement sur l'espace public, sont l'occasion de rencontres entre les artistes circassiens et les habitants.
La programmation fait la part belle à toutes les disciplines du cirque (acrobatie, jonglage...) et crée un dialogue avec les autres disciplines artistiques comme la danse, le théâtre, la musique, les arts plastiques...
 

www.festival-spring.eu

Créé le : 24/02/2022 - Mise à jour : 07/03/2022
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