A Rouen, le Gros Horloge se met aussi à l'heure d'hiver

 

Voilà une question récurrente à Rouen : pourquoi dit-on "le Gros-Horloge" et pas "la Grosse-Horloge" ? Avec la cathédrale et la place du Vieux-Marché, le Gros-Horloge de Rouen est un des lieux emblématiques de la cité. Il a même donné son nom à l'une des rues principales de la ville qui relie la place du Vieux-Marché à celle de la cathédrale. En gravissant les 7 niveaux par un étroit escalier de pierre on découvre à 43 m de hauteur un magnifique panorama sur la ville. L'Europe des horloges et des beffrois est vaste. Petit tour d'horizon alors que nous passons à l'heure d'hiver... 

 

Visite avec Claire Vuillemin©

 

 

 

 

 

Il n'y a qu'une aiguille sur chacun de ses deux cadrans. En effet, seule l'heure est visible, pas les minutes. A l'extrémité de l'aiguille est représenté un mouton, la patte tendue en avant indiquant l'heure. On peut y lire les phases de la lune, qui permet ainsi de calculer les marées. Car l'activité portuaire de Rouen est depuis toujours très importante et la Seine subit les marées jusqu'à la ville !

Mais pourquoi " Gros Horloge " et non pas " Grosse Horloge " ? On l'aurait dotée du genre masculin pour signifier que le monument n'est pas qu'une vulgaire pendule...

Le Gros Horloge, c'est un beffroi, une arche et une horloge astronomique. Le mécanisme d'horlogerie est un des plus anciens de France.

 

 

L'autre face du Gros horloge

 

L'homme a toujours cherché à contrôler  ou du moins à mesurer le temps. Les tours-horloges symbolisent le passage du féodalisme à une société urbaine marchande qui a joué un rôle essentiel dans le développement de l'Europe à la fin du Moyen-Age.

 

En ville comme à la campagne, les instruments de mesure du temps rythment la vie des cités ou des villages dont les cloches sonnent le couvre-feu, les horaires de travail, les alertes, les décès ou encore les fêtes. Les horloges, plus que des instruments de mesure du temps, deviennent des instruments de contrôle sur les villes prospères et commerçantes. Une horloge monumentale, en plus d'être un ouvrage d'utilité publique, contribue à renforcer le prestige d'une ville. Ce désir de doter les villes d'horloges a favorisé le développement de l'horlogerie dans des pays qui ont d'ailleurs conservé pour la France, l'Angleterre et l'Italie, cette tradition horlogère les siècles suivants.

 

L'Europe des horloges et des beffrois est vaste... On pense à l'horloge de la conciergerie à Paris; à l'horloge astronomique de Prague, celle de la cathédrale de Bourges ou de Strasbourg mais aussi à Big Ben, la tour horloge du palais de Westminster à Londres et à l'horloge de l'église Saint-Gothard de Milan...

 

 

 

Vue depuis le haut du Gros-Horloge

 

A la fin du XIIIe siècle, les premières horloges mécaniques apparaissent à l'intérieur des cathédrales puis dans les clochers, les tours des châteaux et les beffrois. Les premières à être installées dans des tours le seront en Angleterre et en Italie

 

Les horloges sont donc placées en haut des beffrois puis dans des tours spécifiques, dites tour-horloges. Ainsi, l'horloge mécanique devient un élément essentiel d'un nouveau mode de vie. Il est intéressant de noter que les premières horloges ne montrent pas l'heure mais servent à sonner les cloches pour indiquer les heures et les quarts. Elles ne sont pas très précises et doivent êtres réglées sur des cadrans solaires ou des clepsydres.

 

A la fin du Moyen-Age, la plupart des villes abandonnent les heures solaires et installent des cadrans mécaniques qui divisent la journée en douze parties égales. 

A noter que la toute première dont nous avons des traces certaines est celle de Westminster qui daterait de 1290. C'est véritablement au XIVe siècle que les horloges mécaniques se développent et se diffusent, dans les villes d'Angleterre, d'Italie, d'Allemagne, de France et des Pays-Bas.

 

 

Le beffroi et le Gros-Horloge montrent une douzaine de représentations de l'agneau pascal, emblème de la cité

 

 

A la fin du XII e siècle, le sceau de la ville de Rouen représente un léopard. La figure du mouton est adoptée au milieu du XIIIe. Elle est empruntée au clergé rouennais qui dès le XIIe scelle ses actes d'un agneau auréolé. Au delà de la référence religieuse, le mouton symbolise aussi le travail et le commerce de la laine sur lesquels s'est fondée la prospérité de la ville.  

 

 

 

On peut y admirer un très joli semainier, décoré de sujets allégoriques. Chaque jour, à midi, le semainier tourne pour dévoiler une scène liée aux personnages mythologiques qui ont inspiré les jours de la semaine.  Diane, pour la lune, représente le lundi, Mars le mardi, Mercure le mercredi, Jupiter le jeudi, Vénus le vendredi, Saturne le samedi et Apollon le dimanche.

 

https://rouen.fr/gros-horloge

 

https://www.rouentourisme.com/monuments/le-gros-horloge-736

 

 

Créé le : 30/10/2021 - Mise à jour : 30/10/2021
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