Le drame du Titanic à La Cité de la Mer à Cherbourg

Peu de naufrages auront fait l'objet d'autant de comptes-rendus, reportages, livres, déclarations, films, vidéos, recherches scientifiques, reconstitutions, à tel point que celui du Titanic a pris une dimension mythique qui fascine encore aujourd'hui. Sa courte escale à Cherbourg le 10 avril 1912 sert d'argument à une superbe exposition à La Cité de la Mer retraçant, grâce à une scénographie très originale, l'histoire tragique de ce paquebot de la White Star Line que ses concepteurs estimaient insubmersible...

 

Visite avec Guy Riboreau (© texte et photos de l'exposition)

 

Le Titanic avant son départ de Southampton (photo d'archives)

La visite commence sous la grande et belle salle des bagages de la Cité de la Mer qui vit passer des milliers de migrants au début du XXè siècle. Une reproduction d'une petite partie de la coque du navire nous attend, histoire d'être immédiatement dans l'ambiance du Titanic. 

 

 

Puis, pour le visiteur, commence un parcours dans les coursives et sur le "pont-promenade" qui donne l'impression de surplomber la mer. La scénographie, astucieuse, nous fait "vivre à bord" : mer et bastingage, aménagements intérieurs, portraits de passagers et d'hommes d'équipage...

 

Le pont-promenade de l'exposition

Le pont-promenade couvert du Titanic photographié par le Père Francis Browne

 

Sur ce long décor du "pont-promenade", vont se succéder en incrustation différentes informations concernant le Titanic depuis son départ de Southampton, son chargement de 1316 passagers (dont 281 embarqués à Cherbourg) qui s'ajoutent aux 835 personnels d'équipage, le départ de Cherbourg vers New York via Queenstown (Irlande) et ce 14 avril fatal quand le paquebot heurte un iceberg.

 

 

De petits écrans apparaissent pour situer la route du bâtiment, les messages d'alerte d'autres navires signalant par radio la présence de glaces sur le parcours.

 

 

 

Nous voila prévenus. Le commandant Edward John Smith aussi qui transmet la consigne aux vigies d'ouvrir l'oeil. Malheureusement les vigies n'ont pas été équipées de jumelles, une sérieuse négligence de l'état-major du navire qui poursuit sa route en direction de Terre-Neuve avant de devoir faire route au sud ensuite vers New York...

 

Le commandant Edward John Smith

 

Pour l'heure, quittant la vue sur "la mer", nous nous intéressons à l'intérieur du bateau, à ses aménagements pour les trois classes de passagers. Dont cette cabine de 1ère classe aménagée avec goût :

 

 

Ils sont 325 passagers à voyager en 1ère classe, vedettes du monde des affaires, de la politique, du spectacle, du sport. Une suite luxueuse est occupée par le directeur général de la White Star Line, Joseph Bruce Ismay dont l'attitude générale durant le voyage puis lors du naufrage (il en réchappe) lui vaudra une détestable réputation.

 

Joseph Bruce Ismay

 

Un restaurant "a la carte", d'élégants salons où un orchestre de huit musiciens (dont le violoncelliste français Roger Bricoux) crée l'ambiance, un "Café parisien", une piscine d'eau de mer, un gymnase, sont à la dispostion de ces privilégiés.

 

Dans le gymnase

 

La 2è classe accueille 285 passagers, professeurs, ingénieurs, négociants, des représentants de la classe moyenne que la Compagnie a tenu à satisfaire par des aménagemnts très confortables. "Le luxe bourgeois".

 

Cabinet de toilette de la chambre D56 de Mr Lawrence Beesley

Lawrence Beesley (rescapé) était professeur de sciences à Londres

 

En 3è classe, ce sont 706 voyageurs, pour beaucoup des émigrés syriens, libanais, slovènes, quelques français irlandais et britanniques, qui vont chercher à améliorer leur existance aux Etats-Unis. Les conditions de vie  bord sont un peu plus spartiates mais restent d'un très bon niveau.

 

Margaret Murphy partageait la cabine 161 avec sa soeur Kate et 2 autres jeunes irlandaises . Toutes rescapées

D'autres passagers de la 3è classe :

 

Elias Nicola-Yarred, libanais - Olaus Jörgensen Abelseth, norvégien (rescapés)

 

Propulsé grâce à la vapeur de ses 29 chaudières, le Titanic fait route à 20,98 noeuds. Tout va bien à bord. Sauf la radio qui tombe en panne le 12 à 23 heures. Elle reçoit mais ne peut plus émettre. Elle aura reçu un nouveau message : le paquebot La Touraine l'avertit d'une brume dense et d'un épais champ de glaces

Le 13 à 05h00 la radio fonctionne à nouveau correctement et vers la fin de la nuit, un nouveau message d'alerte signale la présence d'icebergs. Mêmes avertissements dans la journée du 14 de la part du Caronia et du Baltic qui amènent le Titanic à modifier sa route. A 23h00 c'est le Californian qui lance le même avis.

Le commandant ordonne de réduire la vtesse qui est alors de 22 noeuds. Les vigies, toujours sans jumelles, sont priées d'être "vigilantes"...

Le Titanic est à 750 km de Terre-Neuve.

 

 

A 23 heures 40 les vigies signalent un obtacle sur l'avant. C'est l'iceberg.

 

Photo de l'iceberg prise le 12 avril par le capitaine Wood du SS Etonian

 

Le Titanic tente une manoeuvre : barre à babord et marche arrière toute. Mais le paquebot court sur son erre et c'est le choc par tribord avant. 

Les portes étanches sont fermées. En vain car la coque est déjà éventrée. Les  plaques de tôle sont disjointes. L'eau rentre très vite..Les 5 premiers compartiments sont  remplis.faisant plonger l'avant du paquebot dans les vagues.

 

.

 

Dès lors, les choses vont se précipiter. A miniut le commandant fait lancer un message de détresse capté 35 minutes plus tard par le Carpathia. L'ordre est donné d'évacuer le Titanic

 

SOS :  · · · — — — · · ·

 

Entre minuit 45 et 02h20, les canots sont mis à l'eau.  Mais il n'y en a pas assez pour embarquer les 2201 passagers et membres de l'équipage. La compagnie a prévu 20 canots seulement. Capacité : 1178 personnes... Merci Mr. Ismay !

L'exposition de La Cité de la Mer, avec ses tableaux, continue a égréner les minutes fatidiques :

02h17 la première cheminée s'effondre, l'eau a envahi les cabines les lumières s'éteignent, la coque se brise en deux. La proue coule par l'avant. Des passagers se jettent à la mer.

 

 

02h20 la poupe se dresse à la verticale et s'enfonce à son tour vers le fond à 3800 mètres.

04h00 le Carpathia arrive sur les lieux du naufrage et, à 04h10, il embarque 711 rescapés des canots de sauvetage. Les autres, passagers et membres d'équipage, des hommes surtout, qui n'avaient pu y trouver place, ont vite péri noyés dans l'eau glaciale.

08h50 le Carpathia quitte la zone, direction New York où il arrive le 18 avril vers 21h30. 

La nouvelle du naufrage et de son lourd bilan a déjà fait le tout du monde. L'émotion est considérable. Le 19 avril 1912, une commission d'enquête est créée par le Sénat américain et le 2 mai, c'est à Londres que s'ouvre une commission identique pour faire toute la lumière sur les responsabilités...

La législation sur la sécurité en mer en sortira renforcée.

 

L'exposition de La Cité de la Mer se termine par un point sur lla localisation de l'épave et les objets qu'on a pu retrouver. A l'été 1985 l'IFREMER (français) et son homologue américain  Woods Hole l'ont détectée par 3843 mètres de fond à 650 km au sud-est de Terre-Neuve (41° 43' 57" N - 49° 56' 49" W). Depuis, entre 1987 et 1998, le sous-marin français Nautile a pu remonter plus de 6000 objets. En 2010, ce sont des images du site en 3 D qui sont prises par des robots sous-marins.

 

Vaisselle

 

Morceau de la coque et du bastingage

L'une des 3 imposantes hélices de bronze

Hublots

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Le Titanic bientôt revisité 

L'entreprise américaine OceanGate lancera à partir de mai 2018 une campagne sur l'épave du Titanic. L'équipe utilisera les dernières technologies d'imagerie ainsi que le nouveau sous-marin habité Cyclops 2 afin d'évaluer l'état de l'épave et des objets dispersés dans le champ des débris. Cette mission sera menée en collaboration avec l'Institut Océanographique américain Woods Hole et son Laboratoire avancé d'imagerie et de visualisation (AIVL) qui avait participé à la dernière campagne en 2010. Les images de l'épave seront ensuite assemblées pour constituer un modèle photographique 3D du Titanic.

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La Cité de la Mer

Gare Maritime Transatlantique

50100 Cherbourg

T.  02 33 20 26 69.

http://www.citedelamer.com/

Créé le : 06/06/2017 - Mise à jour : 10/06/2017
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