Fraîcheur en sous-sol : c'est dans l'Yonne en visitant les carrières de pierre et les grottes : (1e partie)

L'Yonne a plus d'un tour dans son sac et, au-delà de ses vins, de ses églises et de ses châteaux, le département est capable de surprendre plus d'un visiteur. En été, quand la chaleur a tendance à l'anéantir, on ne saurait trop lui conseiller de s'enfoncer sous terre. Pas besoin d'être spéléologue : deux sites au moins lui procureront fraîcheur et détente tout en lui faisant découvrir quelques pages de l'histoire géologique de la région. La carrière souterraine d'Aubigny et la grotte d'Arcy sur Cure sont deux lieux magiques où il fait bon flâner tout en s'instruisant. 

 

Reportage : Guy Riboreau ©

 

 

La Carrière d'Aubigny

 

C"est l'une des curiosités du département, ses carrières. En furent extraites les milliers de pierres non seulement des cathédrales d'Auxerre et de Sens mais aussi celles de l'Opéra de Paris, de son Hôtel de Ville, du Conservatoire National des Arts et Métiers et de bien d'autres bâtiments civils et religieux. Entrer dans cette immense carrière de calcaire très fin, sur plusieurs niveaux, c'est un peu remonter dans le temps, retrouver les traces laissées par l'accumulation des sédiments depuis 150 millions d'années pour former une pierre de grande qualité. La mer recouvrait alors la région.

 

 

Descendre dans la Carrière d'Aubigny, c'est également comprendre comment les carriers réussissaient à détacher d"énormes blocs qui seront ensuite façonnés et souvent sculptés. Les outils sont là et nous nous sommes essayés à creuser la pierre avec la "lance " et "l'aiguille". La lourde lance pointue est suspendue au bout d'une chaîne fixée à une chevalet.  Il convient de la basculer fortement vers la roche. A chaque coup porté, celle-ci se perce. Le travail est long et fastidieux. La lance doit s'enfoncer d'un mètre sur deux rangées parallèles verticales  

 

 

L'aiguille, simple barre de fer plus petite, permet d'affiner le travail de perçage en reliant les trous faits par la lance. Il faut dégager le haut puis le bas de la roche. Des coins de bois secs mais gonflant avec l'humidité ambiante la feront se détacher. Cinq à six jours sont nécessaires à l'extraction d'un bloc.

Une salle est consacrée aux autres outils utiles aux carriers comme aux sculpteurs : scies "crocodiles", coins et marteaux divers, les "bouchardes".

 

 

Bouchardes

 

La carrière d'Aubigny est en fait la réunion de plusieurs carrières exploitées depuis des siècles (les Romains, déjà). L'exploitation en souterrain permettait à la pierre de garder son humidité, l'exposition à l'air libre faisant monter à la surface les sels minéraux, la couvrant de "calcin" protecteur en réduisant les possibilités de travailler la pierre.

 

Couloir entre deux carrières

 

 

La hauteur moyenne sous plafond varie de 12 à 16 mètres mais il reste entre 15 et 25 mètres de roche au dessus des cavités.

Né de l'accumulation de sédments, le calcaire laisse parfois apparaître des fossiles. Ici une empreinte d'ammonite formée dans un calcaire assez dur nommé calcaire de Donzy.

 

 

Le calcaire de la carrière n'est plus exploité aujourd'hui comme il le fut au 19è siècle. En revanche, le lieu est devenu le paradis des sculpteurs. Un cinquantaine de Compagnons de L'Union Compagnonnique des Devoirs Unis ont travaillé pendant dix ans (2001-2011) dans la carrière pour réaliser - à l'Ascension et à la Toussaint - un "chef d'oeuvre" en forme d'escalier hélicoïdal d'une grande beauté.

 

L'escalier dit "de l'Ascension"

 

Bien d'autres sculpteurs ont su tirer parti de la qualité du calcaire mi-dur local pour tirer de la roche des motifs grandioses ou finement ciselés.

 

 

Carrière souterraine d'Aubigny 

89560 Taingy/Courson-les-Carrières

T. 03 86 52 38 79

www.carriere-aubigny.com

 

 

 

A suivre : la Grotte d'Arcy sur Cure

 

 

Créé le : 09/07/2017 - Mise à jour : 11/07/2017
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